ZONE INTERDITE

Depuis dimanche soir, j'ai les tripes retournées, et un gout amer au fond de la gorge.

Que chacun prenne son courage à deux mains et regarde ce reprortage.

On touche l'ignominie, mais c'est l'insoutenable réalité.

Ces enfants, ces jeunes adultes, sont ceux au milieu desquels j'ai été amenée à vivre pendant quelques jours lors des hospitalisations de Simon à Necker. A la différence prêt, mais différence énorme, qu'ils étaient dans ces moments là entourés et choyés par leurs parents et donc entre des mains aimantes. Je les ai vus ces parents, promener sans fin leur petit dans une chaise roulante. Je les ai entendus parler inlassablement à ces petits êtres si vulnérables, sans jamais se lasser de l'absence de réponse. J'ai partagé leurs nuits sans sommeil, leurs cafés solubles dans la salle commune. 

Depuis, samedi je fais mon introspection aussi, la boule au ventre: je crie parfois contre mon fils, je mets court de façon expéditive à ses obsessions lorsqu'il en a. Je manque souvent de patience lorsqu'il me répète en boucle la même chose. Loin de moi le désir de me faire passer pour une Sainte.

Loin de moi aussi la volonté de prétendre que tous les professionnels qui s'occupent de personnes handicapées sont maltraitantes. Je suis trop bien placée pour savoir que ce n'est pas vrai et qu'il faut toujours tenter de rester dans la nuance.

Cependant, je suis hantée et terrifiée.

Je me répète que non, pour mon enfant, JAMAIS.

Mais si la vie m'a appris une chose, c'est justement qu'il ne faut jamais dire jamais.

Alors, franchement, comment fait-on pour continuer à vivre normalement après?